Salon du livre 2017

Le thème de ces ateliers était : « Peur ?! Même pas peur ! ». Je suis intervenue au Quartier des Peines Aménagées (prison de Condé-sur-Sarthe, voir l’article sur ce blog en cliquant sur « écrivain public ») ainsi qu’à l’association La Boîte aux lettres

Un grand merci aux participants de La Boîte aux Lettres : Quentin, Claudine, Sylvie, Jesulaine, Melissa, Allison, Nigina, Gracenell, Jamila, Naïma, Badr, Valentin, Dylan, Gunaï, Sar, Rose et Rizvan.

Féroce ?

L’individu est entré dans la cour. Le portail était resté ouvert. Personne aux alentours… Le vent souffle fort. La silhouette se dirige vers les boîtes aux lettres. Soudain, un chien surgit de l’angle de l’immeuble. Il aboie férocement. Des frissons. C’est la paralysie devant cet animal qui semble féroce. Le distributeur de journaux recule doucement en se protégeant avec sa sacoche. Chacun des deux a eu peur. Pour rien.

Petit sur cette planète

Moi, si petit sur cette planète, si petit dans cet univers infini, perdu dans cet espace immense, je suis en train de trembler face à cette petite araignée – tous deux êtres vivants au milieu de nulle part.

Être effrayé, angoissé, intimidé, impressionné… Face à moi-même et aux autres, mon pire ennemi, c’est ma propre peur.

Intersection

Henriette Petitpont se retourne, inquiète : un homme, les sourcils froncés, l’interpelle au loin. Furieux, il la poursuit en courant. Il crie : « Madame, Madame ! Arrêtez-vous ! ». Elle pense s’évanouir ; son cœur bat à 100 à l’heure. Elle va être agressée. Elle n’ose pas trop montrer sa peur, elle regarde autour d’elle, cherche un soutien. L’homme arrive devant elle et s’écrie : « C’est un scandale ! Nous nous sommes croisés sur le trottoir il y a un instant, et vous ne m’avez pas cédé la priorité à droite ! Et sans vous excuser ! »…

Animaux fantastiques

Madame Naïma ne vivait que pour sa collection – une collection unique et bizarre d’animaux qui n’existent pas. Chez Madame Naïma, au fond des tiroirs ou derrière le frigo, il y avait un serpent à deux têtes, l’une qui parle anglais et l’autre français, une grenouille-scarabée, un papillon-libellule, une tortue avec un cou de girafe, un perroquet avec une tête de tortue, une libellule-escargot, scorpion rose à clochettes, un moineau avec une tête de requin, un chat avec des roues, une licorne, un hérisson-pingouin et même un crocodile avec des ailes, qui, un jour, mangea Madame Naïma.

Accords

Le chemin est compliqué : il faut passer entre les virgules, les accents et les tirets. Au bord de la phrase, on prend son élan pour bien la tourner sans se perdre. On manque d’inspiration et c’est la frustration. On oublie des mots ; il faut tout relire. Il y a des « s » en trop, des « ne » qui manquent. Il ne faut pas entrer en désaccord avec les accords !

Combat

J’ai peur d’ouvrir le livre. Il est plein de monstres, il est plein de mots. Trop de problèmes. Pourtant j’aime bien lire pour apprendre de belles phrases. La peur ne se laisse pas faire, mais elle ne gagnera pas !

La peur, mes peurs, nos peurs

Être enfermé à l’extérieur, perdre ses clés, laisser le gaz ouvert, tomber dans l’escalator, être mordu par les chiens avoir les pieds qui ne touchent plus le sol… Peur des chats qui rigolent, des accidents d’avion ou de voiture, les serpents cachés dans le sable, la terre qui tremble, les vagues qui nous emportent… Pourtant, c’est si beau, cette mer verte… On a tous des peurs. Oublions-les et avançons !

Vivre, écrire

Écrire sa vie, c’est penser à sa vie. Petite, j’écrivais un journal secret. J’écrivais ce que je faisais. Ça demande beaucoup de temps. Il faut chercher les mots, les corriger. Écrire tout ce qui se passe tous les jours… J’écrivais et je parlais alors avec mon père. Je lui disais les moments passés avec les amis. Aujourd’hui, je n’oublie pas. Je n’écris plus, mais je vis ma vie.

Présent !

La vie, c’est dur. Pas facile d’avoir confiance en la vie. Que sera demain ? On croise les doigts. Continuons à faire le bien et profitons de l’instant présent !

Le soleil dans l’eau

La peur, c’est comme si on pleurait en voyant notre ombre. Comme si on voyait le soleil dans l’eau. Comme si on prenait une branche cassée pour un serpent.

Peut-être après

Il y a des gens qui disent « la vie en rose ». Est-ce que c’est la vérité ? Elle sera peut-être rose après. Mais pas aujourd’hui… Je n’ai pas dit qu’elle ne sera pas rose un jour ! Mais pas aujourd’hui.

Madame La Peur

Madame La Peur est une grande femme sexy et impressionnante. Ses grands yeux rouges paralysent et effraient. Elle a des dents de Dracula et des ongles blancs et longs. Habillée de blanc, elle tient un bâton de feu. Elle parle lentement et tout bas. Et la nuit, on entend son rire. Mais moi, je souris à la peur.

Dans la nuit de l’enfance, le parquet craque, des bruits voyagent, la porte s’ouvre lentement : les monstres dansent avec les ombres.

Aidez-moi !

Pendant une heure, une heure infinie, interminable, j’ai été bloquée dans un ascenseur. Je crie, je pleure. Personne n’entend. Y a que toi ! Je tape à la porte : « Je suis là, aidez-moi ! ». J’attends le héros qui viendra me sauver.

Courage

Dans le fabuleux club des Attrapeurs de peur, il y a des dompteurs de monstres, des psychologues qui savent écouter, des avocats qui cadrent, des juges qui protègent, des professeurs qui partagent la lumière, des lectures contre le stress, un président qui lutte avec les Nations Unies, des philosophes qui nous répètent que l’on est tous égaux, qu’on n’est pas tombé du ciel. Ils travaillent tous ensemble pour avoir du courage. Et moi, je ne baisse pas les bras. La vie, c’est le courage, c’est la lutte contre les difficultés. La vie, ça monte, ça descend…

Lucioles

J’ai fabriqué un monstre de papier. Il s’agit du « monstre de la maison abandonnée ». Il rampe et fait des bruits bizarres, des cris de fantôme.Il est grand, noir, avec des yeux rouge et blanc de dragon. Ses dents sont longues et cherchent à mordre. Ses griffes ressemblent à celles des sorcières et sa peau est celle des poissons. Il est dangereux. Pourtant, ce monstre, il a peur des lucioles.

A 6 heures du matin, quand le téléphone sonne, on pense à sa famille et le cœur s’arrête.

Même pas peur ! Ou presque…

  • Essayez un peu de me faire peur !

  • Derrière ma maison, j’ai vu un lion !

  • Je sors mon balais.

  • Hier soir, je me suis regardée dans le miroir ; derrière moi, dans le reflet, se tenait une femme habillée de blanc, ses cheveux et son visage étaient blancs à donner des frissons.

  • Hier soir dans mon lit, j’étais dans un profond sommeil. Je me suis retourné sur le côté : un serpent était couché à côté de moi !

  • Ce matin au réveil, j’ouvre mon armoire : je vois une grenouille qui faisait la sieste. Je l’ai réveillée ; elle a sauté sur moi, je me suis débattue. Avec la peur.

Fraternité

Tout va bien. N’ayez pas peur. Ça va s’arranger. La non-peur est avec nous. Elle va nous protéger. L’espérance est en nous. Nous sommes tous frères et sœurs.

Coincé

J’ai peur de parler en français. C’est coincé dans la gorge. Mon cerveau ne marche pas. Pas d’espace. Pas de carte mémoire. Je mélange les mots et les langues. Il n’y a plus de place. Je connais beaucoup de mots mais le problème, c’est de pouvoir faire une belle phrase. Elle est là mais on ne peut pas la dire. Trop compliqué !

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